Derrière les apparences, c'est là où on cache les jours d'orage en plein été, là où on cache celui que l'on est derrière celui que l'on aurait voulu être... L'apparence est un trompe l'oeil et ce qui s'y trame derrière n'a vraiment rien de glorieux. Je ne parle pas que de fringues, c'est plus profond que ça. L'apparence dont je parle, c'est l'image que l'on renvoie au monde extérieur. Beaucoup misent là-dessus et ça se comprend...
Soyons honnêtes, on s'est tous déjà fait couiller, au minimum une fois, par une connasse qui avait des airs de saintes aux premiers abords. C'est toujours pareil : au début, c'est parfait, c'est la racli la plus gentille, attentionnée et ouverte d'esprit qu'il t'ait été donné de rencontrer, mais se dégrade progressivement. Ça devient de plus en plus dégueulasse, le masque doré se fissure et tu as l'impression qu'il ne s'agit plus de la même qu'au départ. Mais c'est se tromper que de penser ça. Elle n'a pas changée, non. Elle est juste redevenue elle même, c'est ainsi. C'est comme le maquillage quand on y réfléchit : quand tu abordes une fille, tu la vois toujours bien maquillée, c'est mignon. Mais plus tu passes du temps avec elle, plus tu as l'occasion de la voir démaquillée, sans artifices et ça laisse un goût amer. Mais peut-on réellement lui en vouloir ? Je veux dire, c'est toujours la même personne, au final. C'est juste que bon, c'est difficile à digérer. Mais la réalité, c'est que tout le monde fait ça. C'est le jeu, c'est comme ça. Mais il y a de quoi devenir paranoïaque. Qui est qui, finalement ?
Les nouveaux amis sont à surveiller de près. Ils sont ce qu'il y a de pire : une chance sur deux qu'ils soient des futurs traitres. C'est vrai. Tout le monde dit "la famille" ou "mon frère", mais y'a rien. Qu'en ont-ils à foutre, en fait ? Tu ne les connais pas. Donner trop vite sa confiance, c'est se baiser soi-même. Il suffit d'un rien, de la thune, d'une racli et c'est parti... Des nouveaux amis, il en débarque une vingtaine par mois, les connexions se font, bah ouais. Mais au final, il ne doit en rester qu'un ou deux avec qui tu resteras en contact. Certains s'avèreront être des petits fils de putes, pour d'autres, les ponts se couperont naturellement. Tout le monde peut rigoler avec tout le monde, tout le monde est cool en apparence, mais ce n'est qu'une illusion. Sur tous les points, tout a l'air plus beau au début. S'y fier, c'est prendre un gros risque.
Ce sont les codes et nous mêmes sommes atteints à un certain point. C'est nécessaire. C'est comme le Poker, tout le monde bluffe, ne laisse pas entrevoir son jeu. Tu t'imposes d'être fort, de ne jamais laisser transparaitre ta peur, ta tristesse ou encore le fait que tu sois totalement désabusé lors des pires moments. C'est toujours cette même putain d'attitude neutre et ce, avec tout le monde. Ne jamais perdre la face. Tu peux te trimballer avec une belle sacoche de marque sans un centime à l'intérieur. Qui ira vérifier ? Tout ce qu'ils verront, c'est la sacoche. Les sapes deviennent plus qu'une nécessité, ça devient un but dans la vie. Le style, c'est tout ce que tu as en plus de l'attitude. Quitte à avoir un appartement vide, si tu es comme un prince lorsque tu sors de chez toi, c'est le principal. Encore une fois, qui ira vérifier ? C'est comme payer rubis sur ongle le Quick et le cinéma avec pop corns, Maltesers et Coca en option à une pétasse alors qu'il n'y a plus de papier toilette à la casba. Qui saura ? Tu te retrouves vite enfermé là-dedans, c'est une vraie prison. Mais as-tu réellement envie de t'évader ? Rien à foutre d'être quelqu'un de bien, tu veux juste être quelqu'un tout court. Tu veux juste être beau pour qu'une racli bien maquillée et avec du vernis fasse semblant de t'aimer. Elle le fait tellement bien...
Au final, lorsque tu as ouvert les yeux sur ce merdier, tu développes une psychose. Tu vois des bâtards partout, une nouvelle meuf dans ta vie signifie une nouvelle pute dans ta vie. C'est aussi simple que ça. Anesthésié par une putain d'attitude je-m'en-foutiste, tu t'assures de ne plus être atteint par rien. C'est "fuck the world", dans ta tête. Tu as tendance à rester dans ton coin, tu observes beaucoup, tu laisses les autres parler, tu analyses. Tu vois plus rapidement la vraie nature des gens. Il y a des petits détails qui ne mentent jamais. Par exemple, pour les tass, c'est le regard. Leur regard ne ment jamais...
En conclusion, tu constateras que le jour où les apparences tomberont, personne n'aura plus rien.



